Santé

COVID-19/ L’Algérie paie le prix du relachement

Publié le lundi 22 juin 2020, par Leader

La Covid-19 n’a pas dit son dernier mot en Algérie. Au moment où l’on pensait que la pandémie est sur le déclin avec le niveau quotidien de contamination inférieur à 120, il s’est produit ce que les épidémiologistes craignaient par-dessus tout, à savoir une remontée de la courbe épidémique alors qu’ils sont dans l’attente de la levée progressive des mesures de lutte contre la pandémie.

Deux semaines après l’allègement du dispositif. La déduction est assez simple à faire et amène à conclure que le relâchement dans l’observation des gestes barrières et autres mesures de sécurité n’est pas forcément en rapport avec la décision du gouvernement de « lever le pied », mais résulte d’une attitude négligente, en raison, pensait-on, d’une fin proche de la pandémie.
La posture plutôt légère des Algériens vis-à-vis de la Covid-19 pourrait s’expliquer par l’influence qu’ont les médias sur les comportements de la société.

Les images sur les déconfinements en Europe qui ont inondé les télévisions commençaient justement à être diffusées au tout début du mois de juin. Les Algériens ont sans doute retenu ces images, plutôt que le discours des professionnels de la santé qui n’ont de cesse appelé à la vigilance.

Les Algériens se sont empressés de baisser la garde, en voyant de "belles images européennes", alors qu’on nourrissait l’espoir d’en finir bientôt avec la pandémie, qui, revient de plus belle et impose sa logique à toute la société. Entre le 1er et le 21 juin, ce ne sont pas moins de 2000 Algériens qui ont contracté le virus. Et lorsqu’on sait que 41 malades sont actuellement sous surveillance médicale, au moment où ils n’étaient qu’une quinzaine il y a quelques jours, on ne peut que tirer la sonnette d’alarme. Même si ce taux est très loin de constituer un problème de prise en charge pour le système de santé, l’expérience européenne et américaine a montré que le nombre de cas graves évolue en exponentiel et peut en quelques jours submerger de nombreux hôpitaux du pays.

De plus, statistiquement, il est établi que plus de 10% des malades font des complications respiratoires et nécessitent une prise en charge médicale lourde. Depuis le 14 juin dernier et le retour à l’activité de nombreux commerces, services et entreprises économiques, point besoin d’être devin pour prévoir une résurgence. La crainte d’une résurgence spectaculaire de la Covid-19, exprimée par les professionnels de la santé, est dans l’ordre des choses et fait déjà partie d’un des scénarii mis en place par les autorités centrales du pays.
Même si l’option d’un retour à un confinement général est d’ores et déjà exclue, des mesures drastiques et des procédures sanitaires autrement plus contraignantes que celles qui sont appliquées présentement pourront être prises, ce qui compliquerait la vie des Algériens et retarderait la reprise de l’économie.

Cela pour dire que la pandémie entre dans sa phase la plus critique et l’Algérie devra consentir de grands efforts pour éviter une explosion du nombre de décès et éviter, par la même occasion, l’effondrement de son système sanitaire.
La balle est dans le camp de la société. C’est aux Algériens de prendre très au sérieux les consignes de sécurité, puisqu’il est de toute façon admis que toute l’humanité est condamnée à cohabiter avec le virus. L’enjeu actuellement est de faire en sorte à ne pas se laisser piéger, ce qui est synonyme d’une descente aux enfers.