Médias Nouveau code pénal

Des journalistes protestent et déclarent ‘’la guerre’’

Publié le vendredi 6 novembre 2015, par Leader

Les députés ont adopté depuis lundi le nouveau code pénal de 1200 articles, un nouvel arsenal juridique qui vient remplacer celui du 13 août 1980 devenu obsolète. 35 ans après, ce nouveau code fixe les normes de prévention et de répression. Toutefois, ce texte vient mettre les pieds dans le plat des professionnels des médias en ramant à contre courant par rapport au code de la presse et de la communication.
En effet, les articles 497 et 665 du nouveau code pénal viennent d’assener un coup fatal à la dépénalisation de la presse dont jouissent les journalistes à travers le code de la presse et de la communication. Les professionnels des médias qui, en principe ne devraient pas faire l’objet d’emprisonnement de par leurs écrits, se voient, avec cette nouvelle disposition, dépouillés de ces prérogatives. D’où l’indignation de presque toutes les organisations de presse qui comptent se battre pour la sauvegarde de qu’elles considèrent comme des acquis.
Comme un seul homme, elles ont, au travers des communiqués, exprimé leur profonde indignation et désapprobation par rapport à ce vote ayant vu le boycott des députés de l’opposition.
Après le vote de ce que d’aucuns considèrent comme une forfaiture, Me Doe-Bruce, vice président du groupe parlementaire ANC, ne cache pas lui aussi son inquiétude et indignation : « Dieu, notre Créateur, n’a pas créé certains de ses fils pour la délinquance et la criminalité. Donc le devenir de chaque citoyen dépend des conditions sociales, éducatives et autres. On ne voit pas cet aspect de la chose dans le nouveau code pénal. Par notre abstention, nous voulons dire au gouvernement que ce n’est pas parfait, il y a des choses à améliorer. L’article 497, sans dire son nom, est en train de ramer à contre courant par rapport au code de la presse et de la communication, alors que tout le monde avait salué la dépénalisation de la presse. »
Toutefois, d’autres s’en sont satisfaits. C’est la cas de Pius Kokouvi Agbétomey, ministre de la Justice qui soutient que « le nouveau code assure la protection de la société dans divers domaines. »
Même son de cloche de la part de Christophe Tchao, président du groupe parlementaire UNIR : « notre ancien code date de 35 ans et se révèle désuet. Aujourd’hui, il faut adapter ce code pénal à l’évolution du droit pour que les praticiens du droit que sont entre autres les juges puissent mieux organiser la société. Nous sommes satisfaits de ce nouveau code tel que nous l’avons voté. »
Actuellement, des tractations se poursuivent au niveau des organisations de presse et de la société civile pour aller à la ‘’guerre’’ contre ce texte rétrograde.