Environnement Togo/Carrières sauvages d’extraction de sable

Des OSC disent non et exigent préalablement des études d’impact environnemental

Publié le mardi 6 juin 2017, par Leader

Au Togo, des carrières sauvages, anarchiques et illégales d’extraction de sable à des fins commerciales sont légion. A chaque fois, des organisations de la société civile reviennent à la charge pour dénoncer cet état de chose et appellent le gouvernement à sévir. Ce, en raison des dégâts que cela engendre aussi bien au plan sanitaire qu’environnemental.
Ce 6 juin 2016 à Lomé, une dizaine d’organisations de la société civile ont initier une conférence de presse pour rappeler une fois encore aux autorités compétentes, les dangers liés à ces pratiques. Essentiellement, Nimagna, Dévikinmé et Alogavi dans la préfecture des Lacs sont les zones sillonnées par lesdites ODC pour constater de visu le phénomène. Elles ont rendu publique une déclaration dont voici la teneur :

DECLARATION DES OSC SUR LA MULTIPLICATION ANARCHIQUE DES CARRIERES SAUVAGES D’EXPLOITATION DE SABLE

C’est avec une vive consternation que les Organisations de la Société Civile (OSC) constatent le silence des autorités en charge des mines et de l’environnement face aux multiples carrières d’exploitation de sable qui pullulent dans notre pays sans aucune autorisation légale. Au moment où les questions environnementales préoccupent au plus haut sommet des Etats du monde entier, qui montrent leur engagement à travers des actions concrètes, on note malheureusement une inaction totale voire une démission du gouvernement togolais face aux actions humaines inciviques de dégradation de l’environnement.

En effet, il est à rappeler que la création de carrières d’extraction de sable sans permis est une infraction grave punie par les textes en vigueur. Dans un communiqué conjoint du ministre des Mines et de l’Energie et celui de l’Environnement et des Ressources Forestières datant du 4 octobre 2013, il est rappelé que conformément aux dispositions de la loi n° 2003-012 du 14 octobre 2003 modifiant et complétant la loi n° 96-004 du 26 février 1996 portant code minier de la République togolaise et de celle n° 2008-005 du 30 mai 2008 portant loi cadre sur l’environnement ainsi que leurs textes d’application pris par le gouvernement, « toutes ces carrières seront fermées à compter du 1er novembre 2013 ».
Suite à ce communiqué conjoint, le ministre des Mines et de l’Energie a décidé le 7 janvier 2014 en portant « à la connaissance de tous les exploitants et transporteurs que les contrôles débuteront le lundi 13 janvier 2014 pour voir l’effectivité de la fermeture. »

Nonobstant ces mesures prises, la pratique incivique continue son bonhomme de chemin. Le 10 juin 2016, certaines OSC se sont adressées aux deux ministres sus cités en plus de celui de la Sécurité et de la Protection civile. En outre, nombreux sont les médias, de concert avec les OSC, qui continuent de relayer cette information relative au drame environnemental et sanitaire causé par ces exploitations illégales et anarchique de sable.

Une enquête de ces OSC dans la zone côtière Est, notamment sur les sites sauvages de Nimagna, Dévikinmé et Alogavi dans la préfecture des Lacs, montre des images poignantes de grave atteinte à la santé de l’environnement et des populations.
Ces trois carrières ayant fait l’objet de ladite enquête sont caractérisées par de grosses fosses creusées au beau milieu des constructions, lesquelles sont devenues des lacs artificiels remplis de moustiques et parfois même d’ordures ménagères après exploitation du site. Le risque de noyades et d’épidémies devient de plus en plus évident dans cette zone déjà sensible, prise en étau entre la mer avançant à grands pas et le Lac Togo.
Les OSC précisent que ces trois carrières en question n’ont fait l’objet d’aucune étude technique et d’impact environnemental préalable. Elles constituent de ce fait des sites d’exploitation illégale et abusive, sources de nombreux dangers socio-environnementaux.

Les OSC qui ont suffisamment alerté les autorités compétentes sur ce phénomène et précisément dans cette zone, font remarquer qu’il relève d’un paradoxe de la part du gouvernement qui se dit très préoccupé par la question avec la prise des arrêtés mais qui ne sanctionne pas les acteurs véreux illégalement installés et qui opèrent au vu et au su de tout le monde.

Enfin, les OSC comptent sur l’engagement du gouvernement et interpellent vivement les institutions concernées notamment, le ministère des Mines, le ministère de l’Environnement ainsi que l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement à se pencher sérieusement et d’urgence sur cette menace sanitaire et environnementale afin d’éviter le pire à notre pays.

Fait à Lomé, le 06 Juin 2017

Ont signé : CRAPH, mNC, Novation Internationale, REJADD, Solidarité Planétaire, AJAAD, CGLTE, MED