Economie Performance économique de l’Afrique

La BAD souligne une nette amélioration en 2017

Publié le samedi 14 octobre 2017, par Leader

Croissance du PIB de l’Afrique escomptée à 3 % en 2017, contre 2,2 % en 2016, mais en baisse par rapport aux prévisions initiales de 3,4 %
Prévisions de 3,7 % de croissance en 2018, en légère baisse par rapport aux estimations initiales de 4,2 %
Stabilité de la demande intérieure et de l’investissement public dans les infrastructures
Réduction des déficits des comptes budgétaires et courants
L’Afrique de l’Est reste la région à plus forte croissance, passant de 5,1 % en 2016 à 5,4 % en 2017 et 5,8 % en 2018

Les perspectives économiques de l’Afrique se sont améliorées en 2017 par rapport à 2016. Mieux, celles-ci devraient encore s’améliorer en 2018, indique la Banque africaine de développement (BAD) dans une révision de ses perspectives de croissance, publiée jeudi 12 octobre 2017 à Abidjan. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) de l’Afrique devrait se situer à 3 % en 2017, contre 2,2 % en 2016 et 3,5 % en 2015, précise le document, qui indique que ce taux devrait croître à 3,7 % en 2018.

« Les ajustements apportés aux prévisions antérieures font suite à la publication de nouvelles données par certains pays clés – le Nigéria, l’Algérie et l’Égypte –, qui représentent près de 50 % du PIB du continent et qui ont revu à la baisse leurs prévisions pour 2017 et 2018 », explique Abebe Shimeles, directeur par intérim chargé des Politiques macroéconomiques, de la prospective et de la recherche à la BAD.

Toutefois, la performance globale du continent se révèle favorable quand on la compare à la croissance économique mondiale, dont les projections se situent à 3,5 % pour 2017 et à 3,6 % pour 2018.

Le document actualisé attribue l’essentiel de la reprise économique de l’Afrique aux facteurs suivants :

le redressement de l’économie mondiale et la fin du tassement des prix des produits de base intervenus depuis 2014.

« Il faut procéder de toute urgence et de manière soutenue à une diversification économique et à une transformation structurelle pour éviter la répétition de phases successives d’expansion et de récession dans le sillage de la volatilité des prix des produits de base », était-il déjà indiqué dans le dernier rapport Perspectives économiques en Afrique, publié en mai 2017.

Une demande intérieure soutenue et des investissements publics réguliers dans les infrastructures ont également contribué au maintien de la croissance dans plusieurs pays. Au-delà de l’accumulation de capital physique, la productivité de ces investissements s’avère importante pour une croissance durable et doit rester un domaine politique prioritaire.
Les déficits budgétaire et des comptes courants devraient se résorber grâce à un regain de vitalité des exportations et à une hausse des recettes publiques. Mais pour autant, les gouvernements africains doivent résister à la tentation de « se rattraper » sur les dépenses qui avaient été suspendues ces deux dernières années, car les déficits s’en verront autrement exacerbés.

L’Afrique de l’Est demeure la région qui connaît la croissance la plus dynamique : estimée à 5,1 % pour 2016, elle devrait atteindre 5,4 % en 2017 et 5,8 % en 2018. Une forte demande intérieure et des dépenses publiques élevées dans les infrastructures sont les principaux facteurs de cette croissance en Afrique de l’Est.

L’Afrique du Nord a enregistré le deuxième plus fort taux de croissance, de l’ordre de 3,1 % en 2016, grâce à la reprise économique en Égypte (4,3 % de croissance) et en Algérie (3,3 %). La croissance de la région de l’Afrique du Nord devrait atteindre 3,1 % en 2017 et 3,6 % en 2018 selon les prévisions, grâce notamment à l’amorce d’une reprise de la croissance économique au Maroc, qui devrait ainsi enregistrer un taux de 4,5 % en 2017 et de 3,9 % en 2018. Toutefois, la Banque met en garde contre les incertitudes politiques persistantes et une réduction de la production pétrolière en Libye, qui continuent de peser sur la croissance dans la région. La Libye pourrait même enregistrer une croissance aux valeurs négatives, avec ‑4,9 % en 2017 et ‑3,9 % en 2018.

La croissance de l’Afrique australe est, quant à elle, restée mitigée, à 0,9 % en 2016, contre 1,6 % en 2015. Toutefois, une amélioration escomptée de la performance de l’Afrique du Sud, avec un taux de croissance de 0,3 % en 2016, de 1,2 % en 2017 et 1,3 % en 2018, devrait relancer la croissance globale de cette région. Celle-ci devrait atteindre 2 % en 2017 et 2,3 % en 2018, une amélioration portée par une production minière accrue qui fait suite à une légère hausse des prix des produits de base.

De même, en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale, régions où la production de pétrole tient un rôle central dans l’économie, la croissance a fortement baissé, passant de 0,5 % en 2015 à 0,4 % en 2016. Dans cette région, la récession économique au Nigeria a complètement masqué les très bonnes performances enregistrées en Sierra Leone, au Togo, en Côte d’Ivoire et au Sénégal, ces deux derniers pays affichant les économies à plus forte croissance de la région. L’économie du Nigeria, qui représente 72,4 % du PIB global de la région d’Afrique de l’Ouest, s’est contractée de 1,5 % en 2016, alors que l’expansion moyenne des économies des quatre autres pays, qui ensemble représentent 10 % environ du PIB régional, s’est élevée à 6 %.

L’Afrique de l’Ouest devrait connaître une amélioration de sa croissance, avec un taux de 2,5 % en 2017 et de 4 % 2018, en raison principalement d’un redressement de la production pétrolière au Nigeria et de la hausse des prix des produits de base.

L’Afrique centrale quant à elle a vu sa croissance freinée par les faibles performances de la Guinée équatoriale et du Tchad, dont les économies se sont contractées respectivement de 7,3 % et de 6,4 %, outre la République du Congo qui a connu elle aussi une contraction de 2,4 %. Les données actualisées de la Banque indiquent que la République centrafricaine devrait toutefois enregistrer une croissance en hausse en 2017 et 2018, avec un taux de 1,6 % et 3,1 % respectivement.