Economie

La Banque mondiale suspend le Doing Business

Publié le vendredi 28 août 2020, par Leader

La banque mondiale met un terme au processus du Doing Business en raison d’un certain nombre d’irrégularités signalées à la suite de modifications apportées aux données des rapports Doing Business 2018 et Doing Business 2020 publiés respectivement en 2017 et 2019.

Le temps de cette suspension qui n’est pas connu va permettre à ladite institution de faire un audit du Doing Business à causes des polémiques dont fait l’objet ce programme.

Lancé il y a 17 ans, le Doing Business permet d’évaluer chaque année les efforts des différents pays dans le sens de l’amélioration de l’environnement des affaires à partir de plusieurs indicateurs. Toutefois, le rapport assorti d’un classement, n’a pas toujours fait l’unanimité et a souvent soulevé des controverses.

En 2018, Paul Romer, économiste en chef de la Banque mondiale, avait démissionné après avoir mis en doute l’intégrité du rapport, remettant en cause la pertinence des indicateurs retenus.

Dans une tribune de l’économiste indien Kaushik Basu, il avait reconnu des " défauts conceptuels " qui pouvaient influer sur le classement final des Etats. Il s’étonnait notamment qu’un pays ayant un taux d’imposition plus bas était jugé plus performant qu’un autre ayant un taux plus élevé.

Selon une analyse, ledit économiste démontre qu’ en suivant la logique de taux d’imposition, on aboutit à la conclusion que plus le taux d’imposition est bas, plus il est efficace, et donc le taux optimal est nul.

Pour la Banque Mondiale, " Il y aura un examen et une évaluation systématiques des 5 derniers rapports ainsi qu’un audit des procédures de collecte et d’examen des données aux fins du rapport Doing Business ainsi ".

A la fin, les données des pays les plus concernés par ces irrégularités pourraient subir des modifications en fonction des résultats de cet audit.