Médias

La liberté de presse en pointillés au Togo

Publié le samedi 8 avril 2017, par Yiago Nazzarrio

Arrivé au pouvoir en 2005, dans des conditions détestables, le N°1 togolais multiplie les initiatives pour avoir une bonne image à l’extérieur. A l’intérieur, la misère ajoutée à l’impasse politique étouffe les populations particulièrement les jeunes. Comme si cela ne suffisait pas, on assiste actuellement au musellement de la presse et aux intimidations des journalistes.

Epée de Damoclès sur la presse indépendante

« La liberté de presse est en danger », clament les professionnels des médias et les organisations de défense des droits des journalistes suite à la fermeture, sans raison convaincante, de la télévision LCF et de la radio City FM appartenant au groupe Sud Média, par le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC).

Malgré les protestations à l’interne et à l’externe, la Justice entérine cette fermeture reléguant ainsi au chômage plusieurs dizaines de journalistes, de techniciens… Dans la foulée, l’autorité de régulation décide de faire procéder à la relecture du Code de la presse.

Robert Avotor, journaliste-du bihebdomadaire L’Alternative, sur un lieu de reportage, a été interpellé par les gendarmes. Il est menotté et torturé. Depuis lors, il fait l’objet régulièrement de menaces et d’intimidation. Bien qu’il ait porté plainte contre les fossoyeurs de liberté de presse, il n’est toujours pas à l’aise dans ses mouvements.
Si le cas de Robert a défrayé la chronique, beaucoup de reporters après une séries de menaces et d’intimidations ont tout simplement décidé de changer de métier, ou de quitter carrément le pays.

Akovi Assiakoley fait-il partie de cette dernière catégorie ?

Toujours est-il qu’il est reporter-photographe de métier. Régulièrement sur les terrains de meeting politique. Mais ses parents n’ont plus de ses nouvelles. A-t-il quitté le pays comme plusieurs autres avant lui pour des raisons d’insécurité ?

Ses proches sûrs d’une chose. Il a couvert les tout premiers meetings du Collectif Sauvons le Togo (CST), des manifestations qui mobilisaient des foules à l’époque. A les en croire, il aurait eu des altercations avec les forces de l’ordre le 10 janvier 2013. Avant cela, le 15 septembre 2012, « Il a été interpellé et bastonné », se souviennent-ils.

Si sa famille est convaincue qu’il est en vie, « où se trouverait-il », s’interrogent d’autres. Dans la sous-région ? En Europe ? La question reste posée.