Economie

Le président nigerian se méfie de l’ECO

Publié le vendredi 26 juin 2020, par Leader

Au cours du sommet virtuel extraordinaire organisé par les chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ainsi que par l’Institut monétaire ouest-africain à Accra au Ghana, très prudent, le président nigérian Muhammadu Buhari a exprimé sa préoccupation en ce qui concerne la position de certains pays ouest-africains qui soutiennent le remplacement de leur monnaie par l’ECO avant les autres pays membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

" Cela me donne un sentiment de malaise que la Zone UEMOA souhaite reprendre l’Eco en remplacement de son Franc CFA devant les autres Etats membres de la CEDEAO " a fait comprendre l’homme fort du Nigeria.

Les membres de l’UEMOA sont composés du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Ils ont une monnaie unique, le franc CFA qui est arrimé à l’euro.

Muhammadu Buhari a, par ailleurs, tenu à préciser que le Nigeria soutient pleinement l’union monétaire, " mais nous devons faire les choses correctement et assurer le respect absolu des normes établies ".

Du côté de la France, le Conseil des ministres français a officiellement adopté un projet de loi ratifiant une réforme de l’accord monétaire liant le gouvernement français aux huit Etats membres de l’UEMOA.

Pour la France, si l’ECO remplace le franc CFA, cette nouvelle monnaie restera également ancrée à l’euro et sera soutenue par le Trésor français. L’euro garantira la convertibilité et la stabilité de l’Eco, le Trésor français restera le garant des huit États de l’UEMOA. Ce que ne partage pas Muhammadu Buhari.

" Nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu d’atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une Union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées. Nous ne pouvons pas nous ridiculiser en entrant dans un syndicat pour se désintégrer, potentiellement au plus tôt lorsque nous y entrons. Nous devons être clairs et sans équivoques sur notre position concernant ce processus ".

Selon l’accord initial, les pays de l’UEMOA devaient retirer leurs réserves de change de la banque centrale française avant d’adopter la nouvelle monnaie l’Eco.

Au cours de la première phase, des pays dotés de leurs propres devises (Gambie, Ghana, Guinée, Nigeria et Sierra Leone) devaient lancer l’Eco.

Dans une deuxième phase, les huit pays membres de l’UEMOA qui ont en commun le franc CFA seront couverts par l’Eco.