Droits de l’homme Barrage de Nangbéto

Les délogés exigent des dédommagements

Publié le mardi 20 juin 2017, par Yiago Nazzarrio

La construction du barrage de Nangbéto avait engendré la délocalisation de plusieurs familles. Depuis 1986, les promesses faites à elles ne sont toujours pas tenues. Depuis lors, elles exigent que les indemnités promises soient payées.

La Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau, qui regroupe plusieurs associations (No Vox Togo, CRAPH, ASIPTO, ATTAC Togo, ATBEP, REPAJOSEC, APADE et CAJS Togo) se fait le porte-parole de ces délogés laissés pour eux-mêmes. Elle a tenu une conférence de presse à Lomé ce matin pour exhorter le gouvernement et la Communauté Electrique du Bénin (CEB) à respecter leurs engagements. Lire la déclaration liminaire.

Déclaration de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau Togo relative au refus d’indemnisation des délogés de Nangbéto

Le projet de construction du barrage électrique de Nangbéto-Atchinédji sur le fleuve Mono, réalisé et exploité de nos jours, est toujours sujet à polémique du fait du refus d’indemniser des délogés contrairement aux clauses prévues dans le projet.

Alors qu’il est stipulé une série de mesures en faveur de ces délogés pour que leur déguerpissement se fasse dans de meilleures conditions, ils sont confrontés à de multiples violations des droits humains au point qu’ils sont actuellement dans une situation de précarité et de vulnérabilité.

Débutées en 1986, les tractations pour la délocalisation ont été achevées un an plus tard. Les indigènes sont priés de s’installer sur un nouveau site à eux aménagé par le gouvernement et la Communauté Electrique du Bénin (CEB). Tout est bien parti, sauf que les travaux champêtres, leurs principales activités d’ailleurs, a reçu un sérieux coup fatal. Leurs teckeraies, palmeraies et autres cultures sont dévastées au profit du projet. Pire, l’exiguïté du nouveau site d’habitation qui leur est aménagé les contraint à s’éloigner définitivement de l’agriculture.

Quelle que soit la parcelle que l’on disposait sur les lieux devant abriter dorénavant le barrage électrique, on ne bénéficie sur le nouveau site que d’un lot de terrain. Alors que les plus chanceux reviennent avec la garantie de la toiture assurée par la CEB après avoir fait construire de nouvelles cases mais à la charge des victimes, les malheureux n’ont ni parcelle ni tôles pour les toits. Aujourd’hui, les nouvelles constructions, en argile pour la plupart faute de dédommagement conséquent au profit des victimes, s’écroulent les unes après les autres.

En ce qui concerne le centre de santé et le lycée, leur réalisation hypothétique a fini par apporter de l’eau au moulin des incrédules.

Nonobstant cette situation, le dédommagement des victimes n’est plus d’actualité. La Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau Togo demande expressément au gouvernement et à la CEB de prendre des mesures urgentes afin de permettre aux victimes de rentrer dans leurs droits.

Fait à Lomé, le 20 Juin 2017

Les organisations signataires :
No Vox Togo
CRAPH
ASIPTO
ATTAC Togo
ATBEP
REPAJOSEC
APADE
CAJS Togo