Religion Eglise évangélique presbytérienne du Togo

Mort suspecte du pasteur Kossi Ayédzé

Publié le lundi 24 mars 2014, par Leader

L’homme, selon ses proches, est considéré comme adulé de ses fidèles. Mais il a été fauché par une maladie que son entourage considère comme suspecte et soupçonnent ses proches collaborateurs d’en être l’instigateur. Lui, c’est le révérend docteur Kossi Ayédzé (photo), recteur de l’Université protestante de l’Afrique de l’ouest (UPAO) à Atakpamé.
Selon des sources proches du pasteur, sa maladie est survenue en fin d’année 2012 « suite à des partages de mets qu’il a eu à quelques temps seulement avant avec certains de ses collègues pasteurs de l’UPAO située sur l’une des collines de la ville d’Atakpamé (préfecture de l’Ogou) ». Sa santé s’est aggravée quelques mois après. Ce qui avait nécessité son admission au CHU Campus de Lomé. Il y a suivi une chimiothérapie pendant six mois. Il est sorti, selon les sources, soulagé de son mal et a repris ses activités comme avant. Son rétablissement parait déranger ses détracteurs qui ironisent qu’il a une maladie de nabab, c’est-à-dire le cancer du sang. Malgré les traitements au Togo et au Ghana voire ailleurs, Kossi Ayédzé fait régulièrement de rechutes mais accepte toujours de continuer ses acticités pastorales.
A en croire un confrère, tout bascule à la pastorale de Dzolo qui s’est tenue en novembre dernier. Candidat aux primaires pouvant désigner un nouveau candidat qui ensuite va représenter la paroisse à la grande élection, il se raconte que la santé du pasteur s’est aggravée au cours de ce rendez-vous là. Et que malgré sa santé chancelante, ses pairs pasteurs l’ont plébiscité pratiquement aux primaires de Dzolo avec un score de plus de 80%.
La santé du pasteur a atteint un niveau où même ses médecins disent ne plus comprendre la nature de sa maladie. Dans de pareilles circonstances, un bon chrétien convaincu ne se confie qu’à on sauveur. C’est ce que l’infortuné aurait fait, selon ses proches en ces termes : « Oh mon Dieu, qu’ai-je fais pour mériter tout ceci. J’ai tout essayé, j’ai tout fait, mes propres collègues veulent me tuer, sauve-moi Seigneur », s’est-il lamenté après que les médecins lui ont annoncé la nouvelle non rassurante sa maladie. Tout le monde savait que Monsieur Kossi Ayédzé était malade mais il a été élu avec 72,63% contre 15% seulement pour son concurrent le samedi 22 février lors du synode comme premier responsable de l’Eglise presbytérienne du Togo (EEPT). Une confirmation de son autorité, mieux une reconnaissance de son talent.
C’est lorsqu’il est reparti à Accra pour une seconde fois pour le contrôle que la maladie aura finalement eu raison de lui le 8 mars 2014. « Difficile de prélever le sang pour faire des analyses car il n’y avait pratiquement plus, le peu qui restait dans son corps était caillé ou coagulé comme celui d’un mort », révèle-t-on.

Soupçons d’empoisonnement
Selon la version de la famille, avant même que le pasteur Kossi Ayédzé ne décède, elle soupçonne ses collègues de l’avoir empoisonné après lui avoir jeté un mauvais sort. Les railleries et les mauvaises blagues à l’encontre de leur protégé quand il était encore en vie mais luttait avec sa maladie la pousse à privilégier la thèse de l’empoisonnement. Ils « étaient encore à son chevet et n’avaient même pas encore annoncé à la famille du défunt ainsi qu’aux autorités de l’église que l’information était à la connaissance de certains pasteurs qui l’ont publié avant le lever du jour », avancent-ils comme preuve. A l’oraison funèbre qui s’est déroulée le vendredi 21 mars à Lomé, la famille et les proches du pasteur l’ont manifesté et tiennent pour responsables les proches du pasteur. Ils sont aussi remontés contre l’EEPT qui n’a pas assisté Monsieur Kossi Ayédzé comme cela se doit. « Ils l’ont laissé mourir lentement », ont avancé certains.
Il y a lieu de rappeler que ce n’est pas la première fois qu’un pasteur de l’Eglise évangélique presbytérienne du Togo suscite de polémiques après son décès. Avec ce nouveau décès, beaucoup franchissent vite le pas en comparant l’EEPT à une mafia.