Economie

Nicolas Kazadi : "Si le franc CFA doit mourir un jour, laissons-le mourir de sa belle mort. La précipiter n’a rien d’utile !"

Publié le jeudi 30 novembre 2017, par Leader

Avec une virulence toujours croissante, le franc CFA est régulièrement livré en pâture à l’opinion publique africaine par certains de ses intellectuels. Du fait de l’absence d’indépendance monétaire, les politiques monétaireset financières qu’il est sensé portersont remises en cause, car elles sont jugées illégitimes et contre productives pour le développement des pays concernés. Ce nouveau ‘’créneau populiste’’ séduit et attire de plus en plus. Mais il est possible que le problème soit plutôt ailleurs.

1) Il n’y a pas de corrélation absolue entre indépendance monétaire performances monétaires, économiques et sociales
Il est parfois difficile de déterminer avec précision l’efficacité de la politique monétaire et son influence dans la dynamique d’une politique économique globale. On peut toutefois, très schématiquement, l’évaluer par sa capacité à assurer la stabilité des prix, à faciliter l’accès au crédit et à promouvoir la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Quelques éléments de comparaison de la performance entre pays zone franc et hors zone franc en Afrique subsaharienne conduisent à suggérer que l’indépendance monétaire ne garantit en rien la bonne tenue de la politique monétaire ni son efficacité sur l’économie réelle.
En matière de stabilité des prix, les pays de la zone franc sont sans conteste les plus performants, bien que cette situation, qui n’est pas sans effets pervers, découle en grande partie de la parité fixe à l’Euro et de sa solidité par rapport aux principales monnaies internationales. En revanche, la quasi-totalité des pays d’Afrique sub-saharienne hors zone franc est confrontée à une inflation plus significative, dont la composante monétaire est évidente. Le contrôle de l’accroissement des agrégats monétaires s’avère mieux assuré en zone franc.
Concernant l’accès au crédit, les données disponibles renseignées par la Banque mondiale, tendent à indiquer que la performance des pays répond davantage à des éléments de politique monétaire et financière qui vont au-delà de l’appartenance ou de la non appartenance à la zone franc. En effet, certains pays de la zone (Sénégal, Togo) sont parmi les plus performants en Afrique occidentale et centrale, avec un ratio crédit au secteur privé/PIB avoisinant les 38 %, tandis que d’autres, réputés plus dynamiques, sont à la traine. Les pays les plus performants en matière de crédit au secteur privé demeurent ceux d’Afrique de l’Est et australe, avec l’Afrique du Sud en tête.
S’agissant de la croissance économique, il est intéressant de constater qu’en 2016, sur les onze économies non minières d’Afrique subsaharienne ayant réalisé un taux de croissance de 5 % et plus, cinq appartiennent à la zone franc, soit un rapport de 5/15, contre un rapport de 6 sur 29 pour le reste des pays au sud du Sahara.
Certes les pays de la zone franc ne sont pas les plus performants en matière de développement économique. Onze d’entre eux sur les quinze sont classés parmi les pays les moins avancés, contre vingt-trois sur trente-neuf pour le reste du continent. Il en est de même pour l’indice de développement humain. En 2016, trois pays pétroliers de la zone franc (Gabon, Congo et Guinée Equatoriale) faisaient partie des 10 pays de tête en terme d’Indice de développement humain en Afrique subsaharienne, alors que les 4 derniers pays du classement Africain sont membres de la zone (Burkina, Tchad, Niger et RCA). Il faut toutefois noter que 3 de ces 4 pays du peloton de queue sont sahéliens.
Néanmoins, en termes de structures économiques, sociales et institutionnelles, la différence entre les pays zone franc et les autres est extrêmement faible en Afrique subsaharienne, à l’exception des quelques pays du continent qui se sont notablement démarqués. D’après les données de la Banque africaine de développement, les 10 pays du continent ayant connu le plus fort durcissement du régime politique en 2014 et en 2015 n’appartiennent pas à la zone franc. Par ailleurs, s’agissant de la gouvernance globale exprimée par l’indice Mo Ibrahim, un seul pays de la zone fait partie des 10 pays africains les plus performants en 2015, tandis que 4 sont repris parmi les 10 derniers.
Ainsi, de nombreuses analyses crédibles ont conclu que l’appartenance à la zone CFA n’a ni favorisé, ni défavorisé les économies concernées ; la clé réside plutôt dans l’usage qu’on en fait. Le problème serait-il ailleurs ?

2) A l’échelle planétaire, plus d’un pays sur trois appartient à un système comparableà la zone franc
Pour des raisons diverses, de nombreux pays ont choisi d’appartenir pleinement à une zone monétaire (19 en zone Euro, 15 en zone CFA, 12 en zone Dollar, 2 en zone Franc Suisse, …)où, à défaut, de lier leur monnaie nationale à une monnaie étrangère par un taux de change fixe (Bharein, Hong Kong, Djibouti, Lesotho, Namibie, Swaziland, Bouthan, …), où encore, d’utiliser librement une monnaie étrangère, concurremment à la monnaie officielle, dans les transactions sur le territoire national (dollarisation). Au total, plus d’un pays sur 3 à l’échelle mondiale est concerné par une de ces 3 typologies de mécanismes.
Entre 1990 et 2000, la RDCongo a connu des périodes d’hyperinflation dépassant parfois les 5000 % l’an. A cette époque, l’opinion, tout comme certains responsables de la politique monétaire à Kinshasa, étaient convaincus que seule l’appartenance à une zone monétaire de type zone franc ou à une caisse d’émission (currencyboard), était à même de mettre au pas le personnel politique et contenir durablement l’inflation. Dans les faits, face à l’incurie des gouvernants, les marchés et l’opinion publique ont imposé une dollarisation à outrance de l’économie congolaise, où désormais, la masse de devises étrangères en circulation a supplanté celle de la monnaie nationale. Les leviers qui déterminent le dollar ne sont pas en RDC, mais les dépôts et la circulation fiduciaire en dollars sont 4 fois supérieurs à ceux en francs congolais. A sa manière, la RDC s’est volontairement placée en ‘’zone dollar’’. Simple illustration de la théorie attribuée à l’économiste Français Jean-Baptiste Say, selon laquelle la monnaie n’est qu’un voile, un instrument pour faciliter les échanges.
Les cadres et responsables de la politique monétaire en RDC ont pourtant accumulé une expérience indéniable en matière de gestion et de stabilité monétaire. Cependant, malgré plusieurs années de stabilité du franc congolais enregistréesentre 2010 et 2015, la dollarisation n’a pas faibli. En l’absence de réformes de fond sur les structures économiques, monétaires et financières, mais aussi et surtout sur les institutions et la pratique de leur gouvernance, les marchés ont eu la lucidité de mettre en doute la durabilité de cette stabilité. A la faveur de l’évolution erratique des cours des principaux métaux et de la fin chaotique de la deuxième législature de la 3ème république, les faits leur ont donné cruellement raison.
Le Nigéria et le Ghana, deux pays loués pour leur dynamisme entrepreneurial, présentent des difficultés à maitriser la gestion de leur monnaie dans la durée, et montrent régulièrement un intérêt pour la stabilité qu’offre la zone franc. A travers le projet de création d’une monnaie communautaire au sein de la CEDEAO, ils espèrent aboutir à une formule en partie inspirée de la zone franc, qui leur garantirait une meilleure stabilité monétaire.

3) Dans la hiérarchie des problèmes liés à la compétitivité et à l’essor des économies concernées, l’effet taux de change (taux effectif réel) n’est pasle plus important.
Le développement du commerce intra zone devrait constituer l’un des principaux bénéfices tirés de l’appartenance à une zone monétaire. Celui-cidemeure pourtant relativement faible en zone franc, car il ne représente que 14 % du total du commerce de ces 15 pays, alors que ce ratio est de 65% enzone Euro.
En zone CEMAC, les échanges commerciaux entre pays membres baissent de façon constante. De 12 % en 1995, ils sont passés à 7 % en 2000 et se situeraient autour de 2 % de nos jours. Il s’agit d’une évolution qui va à contresens de l’histoire, à l’heure où une classe moyenne commence à émergerpartout en Afrique etlemarché intérieurcontinental devient de plus en plus significatif.
L’Afrique rêve d’émergence. Pour y parvenir, elle doitcombler son retard en matière d’infrastructures, bâtir des institutions efficaces et fiables et investir davantage dans son capital humain en vue d’accélérer la diversification de son économie. En outre,elle doit pouvoir s’appuyer sur un financement soutenable de son développement.
L’Afrique est la partie du monde qui enregistre le plus grand retard en infrastructures de base (énergie, eau, routes, rails, télécommunications…). Ces besoins sont estimés à près de 100 milliards de dollars par an d’après la Banque africaine de développement, alors qu’ils ne sont couverts qu’à moitié. Avec une performance fiscale faible, de l’ordre de 16 % du PIB en moyenne au niveau continental, l’espace budgétaire demeure trop étroit (environ 500 milliards de dollars US) face aux besoins et défis économiques et sociaux.Ce taux est autour de 33 % dans les pays de l’OCDE . La part de l’impôt sur le patrimoine y avoisine les 2 % du PIB, alors qu’elle est proche de zéro en Afrique. Une situation à déplorer, sachant la forte corrélation qui existe sur le continent entre l’exercice de mandats publics et l’accumulation de fortune individuelle, au détriment des créateurs de richesse du secteur privé, sur qui repose l’essentiel de l’effort fiscal. Cette situation est aggravée par l’écart d’efficience de l’investissement public, qui est de l’ordre de 57 % (FMI) en Afrique subsaharienne. Pour certains pays, dont des pays de la zone franc, il se chiffre à 70 %, voire plus. Cela signifie que 57 à 70 % de l’impact potentiel de l’investissement public dans les pays concernés est perdu du fait de processus d’investissement public peu efficients, incluantnotamment la mauvaise planification, les problèmes d’acquisition, de mise en œuvre, de suivi, d’entretien, etc.
En 2016, la Banque africaine de développement a évalué les flux illicites de capitaux à plus de 60 milliards de dollars par an. Sur les 50 dernières années, l’Afrique aurait perdu 1.700 milliards de dollars, soit l’équivalent d’un demi-siècle d’Aide publique au développement. L’impact de cette situation de fraude sur la mobilisation fiscale, le développement des marchés financiers ainsi que le climat des affaires est énorme.
Ces quelques éléments chiffrés sont sans commune mesure avec la vingtaine de milliards de dollars US que représente le montant consolidé des avoirs de la zone franc en compte d’opération. Au demeurant, contrairement à une fausse idée largement répandue, la contrepartie du montant des avoirs des Etats logés dans les comptes d’opérations est créditée en franc CFA au profit de ces derniers via les Banques centrales.
Un autre défi important touchant aussi bien les pays zone franc que les autres en Afrique subsaharienne concerne la part de la valeur ajoutée manufacturière dans la formation du PIB. Celle-citend à s’effriter, alors que, dans d’autres parties du monde,de nombreux pays en développement profitent du bas coût de leur main d’œuvre pour en accroitre la qualité et susciter le développement de leur secteur industriel. En Afrique subsaharienne, la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB est de 23,7 % en 2016, soit un niveau inférieur à la moyenne des Pays les moins avancés (24,3%) . De nombreux pays africains, zone franc et hors zone franc, enregistrent une croissance nulle ou négative de leur secteur manufacturier. Toutefois, sur un échantillon de 6 pays zone franc du centre et de l’ouest africain, dont les données sont disponibles (Banque mondiale), la part du PIB manufacturier est de l’ordre de 26 % en 2016, soit un niveau sensiblement supérieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne et des PMA. Certes la compétitivité-prix liée au taux de change peut avoir un effet incitatif ou décourageant sur la production industrielle ; mais une analyse sérieuse devrait intégrer l’examen de la part de l’Afrique (zone francou hors zone franc) dans la création de la valeur, la maîtrise et le développement de filières techniques et professionnelle,la production de brevets d’invention, etc.De ce point de vue, se défausser sur cette monnaie d’emprunt qu’est le franc CFA n’est rien d’autre que faire usage d’un cache sexe…
Sur le plan financier, on assiste ces dernières années à une frénésie dans l’émission d’obligations d’Etat par les pays africains sur les marchés régionaux et internationaux. Ce mouvement éloigne chaque jour le continent du bénéfice des initiatives de réduction de la dette de la décennie passée, alors que l’efficience de la dépense publique demeure problématique. Le niveau moyen de l’endettement public est passé de 31 % du PIB en 2012 à 44 % en 2015 et il a doublé dans de nombreux pays. Il ne s’agit pas de mettre en cause le principe de l’accroissement de la dette ; mais il faut constater avec regret que, pour de nombreux pays, sa progression est sans commune mesure avec son impact sur la croissance économique, ce qui confirme la persistance de problèmes structurels de fond qui plombent le chemin de l’émergence du continent.

4) Toute tentative de singularisation de la zone sur fond de débat à caractère post colonial parait infondée ou du moins inopportune.
Une parité fixe peut certes comporter un coût, mais elle a aussi l’avantage d’assurer une stabilité utile pour laisser les autorités se concentrer sur les autres réformes structurelles, plus importantes et plus difficiles à mettre en œuvre. Il s’agit notamment des réformes portant sur la maitrise des savoirs à travers le développement du capital humain, la qualité des institutions, la mobilisation fiscale, la qualité de la dépense publique, la lutte contre la corruption et les flux illicites de capitaux.
En 1994, la dévaluation du CFA s’est imposée du fait de l’accroissement rapide du déficit consolidé des comptes d’opération auprès du Trésor français, en plus des effets négatifs sur la compétitivité/prix des exportations, ainsi que surles équilibres budgétaires et des balances des paiements au sein de la zone. Au cours de la période qui a précédé la dévaluation, la zone a bénéficié de façon très concrète de la garantie de convertibilité illimitée assurée par le Trésor français, car ce dernier a couvert le déficit consolidé des comptes d’opération. La dévaluation a résolu mécaniquement le problème des déséquilibres monétaires, sans toutefois influer sur les autres critères de compétitivité de l’offre des biens & services et des institutions au sein des pays de la zone (productivité du capital humain, environnement des affaires, gouvernance et politiques budgétaires, intégration économique, etc.). Cela rappelle les débats en cours à propos de la crise de l’euro, où, sous l’œil du Fonds monétaire international, l’espace monétaire européen est en quête d’un modèle équilibré entre, d’une part, la responsabilité des états en crise dans la conduite des politiques et réformes économiques et financière et, d’autre part, le devoir de solidarité entre pays riches et moins riches au sein de la zone.
Le franc CFA recommencera à poser problème, avec plus d’acuité qu’en 1994 cette fois, lorsque les économies africaines auront émergé et atteint un poids et un niveau de complexité suffisamment significatifs pour que la question de la compétitivité liée au taux de change, ainsi que la question de la dette des Etats, présentent des risques systémiques à l’échelle mondiale et prennent de ce fait une place centrale dans le débat, comme c’est le cas au sein de la zone Euro actuellement. L’Afrique et ses maigres 2 % de part du commerce mondial est encore loin du compte.
Au stade actuel de leur processus de développement, il serait plus utile aux pays zone franc et à leur intelligentsia de s’employer à tirer le maximum des avantages que leur confère la zone, plutôt que de fantasmer à l’excès sur ses inconvénients.

5) Tout ce qui est excessif est insignifiant
S’attarder avec acharnement sur la légitimité du CFA n’est ni pertinent sur un plan strictement économique, ni honnête sur un plan politique et encore moins utile sur un plan stratégique à court et moyen terme. En effet, le CFA« bashing » a pour effet d’occulter les énormes problèmes et défis de gouvernance économique au sein des Etats (productivité intrinsèque des facteurs, capacité de mobilisation fiscale, qualité de la dépense publique, flux illicites de capitaux, qualité des institutions etc.) et au niveau international (mondialisation, accords commerciaux, subventions agricoles, transferts de technologie, responsabilité commune différenciée en matière environnementale, etc.)
Pour autant, le débat sur la monnaie communautaire ne doit pas être occulté. Mais pour être crédible et utile, il ne doit être fait qu’à juste titre ; sans passion, ni ressentiment et vidé de toute pollution idéologique qui biaise le jugement. Par ailleurs, puisque la question de la légitimité de cette monnaie est régulièrement posée, il est hautement souhaitable que ce débat s’inscrive dans le cadre des processus démocratiques des pays concernés.
A ce jour, les arguments à caractère monétaire et économique avancés contre le franc CFA manquent cruellement d’originalité, de solidité et de profondeur. Dans la configuration actuelle des économies de la zone, la fronde contre le franc CFA est de toute évidence un acte essentiellement politique qui se nourrit d’une perceptiondont le fondement reste à prouver, et d’un sentiment de frustration et de colère fréquent parmi les ressortissants des anciennes colonies. La géopolitique mondiale et le jeu d’influence économique entre Etats n’ont pourtant pas nécessairement besoin du maintien de cette zone pour agir. Le franc CFA n’a pas empêché l’expansion économiquephénoménale de la Chine dans des pays tel que le Congo-Brazzaville ou le Cameroun, pays longtemps emblématiques de l’influence française en Afrique.
La jeunesse africaine, cliente et cible des tenants du débat sur la franc CFA, devrait se poser des questions beaucoup plus pragmatiques et simples pour éclairer sa religion en vue de s’en sortir. Pourquoi la valeur de la tablette de chocolat que nous achetons en supermarché n’est composée qu’à 20 % seulement du travail de nos paysans et à 80 % de celui des fabricants de chocolats, qui sont en général en occident ? La longue expérience du continent nous a démontré qu’il est vain de penser que cet ‘’échange inégal’’ pourrait se résorber où s’inverser par de simples artifices monétaires. En termes imagés, la jeunesse africaine doit se fixer comme ambition de conquérir l’espace de ces 80 % dans la valeur du chocolat. Et les politiques publiques doivent se focaliser à rendre cela possible. Se lamenter sur la monnaie ne nous rendra pas plus travailleurs, ni plus ingénieux.
Je suis d’avis que la zone franc, dans sa formule actuelle, n’est ni à décourager, ni à encourager. Les pays qui n’en font pas partie devraient tirer profit de toutes les expériences pour faire preuve d’une gestionresponsable, efficace et durable de leur monnaie nationale. Pour les pays qui en sont membres,il faut laisser la zone suivre son cours, qui passera inexorablement par des ajustements indispensables pour sa modernisation, y compris en ce qui concerne les critères de convergence en son sein. Pour l’heure, l’important est de savoir profiter des avantages de la zone tout en réduisant l’impact de ses inconvénients. La seule façon d’y parvenir, c’est de travailler d’arrache-pied sur les conditions de l’économie réelle, afin d’améliorer la compétitivité globale de l’offre des biens et services dans les économies concernées, par des politiques et réformes vigoureuses visantnotamment à accroitre la productivité des facteurs de production, la diversification des économies et l’intégration régionale. La monnaie n’est-elle pas qu’un voile … ?
Si le franc CFA doit mourir un jour, comme du reste toutes les monnaies communes qui l’ont précédé, qu’on le laisse mourir à maturité de sa belle mort, plutôt que de s’en servir pour nourrir fantasmes et divisions. Chercher à la précipiter n’a rien d’utile.

Nicolas Kazadi, ancien cadre de la Banque centrale du Congo, actuel Conseiller Principal pour le Togo, au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement.