Agriculture

Togo/ Les parlementaires de la CEDEAO en forum contre la faim

Publié le vendredi 22 janvier 2021, par Leader

L’atteinte de la Faim Zéro est un objectif pour lequel les pays du monde et les Organisations luttent. Or partout dans le monde, la contribution des femmes n’est plus à démontrer dans l’atteinte dudit objectif. Selon une étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de 2011, « si les agricultrices disposent des mêmes moyens de production que les agriculteurs dans le monde entier, elles peuvent augmenter leurs rendements agricoles de 20 à 30% et éviter que 100 millions voire 150 millions de personnes ne souffrent de la faim. Une preuve que les femmes rurales sont un puissant levier pour le développement agricole et pour la faim et la malnutrition ».

Pourtant, on constate que les disparités entre les hommes et les femmes persistent quant à l’accès aux ressources productives, aux marchés, aux opportunités d’emplois décents, à la participation aux chaînes de valeur, aux institutions rurales et aux processus de prise de décision au niveau mondial et dans les pays membres de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Raison pour laquelle le Réseau des Parlementaires de la CEDEAO pour l’égalité de genre et les investissements dans l’agriculture et la sécurité alimentaire ne dort pas sur ses lauriers.

Ledit réseau multiplie les actions et activités en faveur du genre, en témoignage l’ouverture les 21 et 22 janvier 2021 à Lomé d’un forum parlementaire sur « le genre et investissements dans l’agriculture et la sécurité alimentaire pour relever le défi Faim Zéro au Togo », sur initiative de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture en collaboration avec le Bureau sous régional du WiLDAF Afrique de l’Ouest, l’Institut International de Développement Durable et l’OXFAM.

Au cours de cette rencontre réunissant les parlementaires du Togo, ceux d’autres pays de l’espace CEDEAO, les acteurs de la société civile, etc., il est question de renforcer les connaissances et les capacités des parlementaires sur les questions de l’égalité du genre ,des droits fonciers des femmes, et des investissements agricoles responsables, liés à l’agriculture familiale, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle ; faciliter le dialogue au niveau national entre les parlementaire, les décideurs politiques, les Organisations de la Société Civile (OSC) etc…et, faciliter l’émergence d’un réseau national des parlementaires pour l’égalité de genre, les investissements dans l’agriculture et la sécurité alimentaire au Togo.

Pour Yawa Dzigbodi Tségan, Présidente de l’Assemblée Nationale Togolaise, « Ce sujet d’actualité nous interpelle tous et nous amène à explorer des pistes visant la transformation du système agroalimentaire dans notre pays ».

Selon le rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, 820 millions de personnes souffrent de faim. Parmi eux, environ de 256 millions de personnes vivent en Afrique soit 19% dont 56 millions dans la région africaine de l’Ouest. La plupart d’entre eux se trouvent dans les zones rurales et sont de petits agriculteurs familiaux qui dépendent de l’agriculture pour subvenir à leurs besoins avec un grand nombre de femmes. Ainsi donc, les femmes sont très touchées par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle car elles sont moins équipées que leurs homologues hommes pour faire face aux chocs économiques, aux crises et aux aléas climatiques. Cette situation se durcit avec la pandémie du coronavirus ce qui amène les gouvernants à trouver des alternatives innovantes pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et la réalisation de l’égalité du genre et l’autonomisation des femmes d’ici 2030 afin de créer une société et des systèmes alimentaires plus résilients d’où cette formation et dialogue multi acteurs.

« Le contexte de la pandémie que nous vivons depuis un an vient accentuer les défis existants en matière de sécurité alimentaire », a expliqué Damien Mama, Coordonnateur Résident du système des Nations Unies au Togo.

Au Togo, vu que le document de politique agricole pour la période 2016-2030 révèle un accès limité des femmes comme des jeunes femmes et hommes aux principaux facteurs de production agricole notamment la terre et les crédits, le gouvernement œuvre pour une transformation totale du secteur en posant un certain nombre d’actes entre autres, la valorisation des potentialités des femmes rurales à produire davantage, à mieux transformer pour augmenter leurs revenus.

Selon Lekpa Gbegbeni, Ministre de l’Agriculture, de l’élevage et du développement rural, « Les mesures prises sont en cohérence avec la feuille de route gouvernementale 2025 dont la vision stratégique est de faire de l’agriculture togolaise un secteur productif, à haute valeur ajoutée, moteur de valeur économique pour les agriculteurs et de croissance du pays ».

Comme objectifs prioritaires, améliorer la productivité et les rendements agricoles, assurer la sécurité alimentaire du pays, renforcer les industries de transformation agroalimentaire et encourager l’agriculture à haute valeur ajoutée, améliorer l’accès des agriculteurs au financement et aux marchés.

Pour cela, le gouvernement s’est engagé à poursuivre la promotion de l’équité et de l’égalité genre, l’autonomisation des femmes rurales et leur participation effective à la prise de décision en vue de leur permettre d’exprimer pleinement leur potentiel pour mieux contribuer à l’atteinte des résultats attendus pour le secteur agricole. Ainsi, un accent sera mis sur l’accès des femmes à la terre et au crédit tout en œuvrant pour la promotion de l’entreprenariat des femmes avec la facilitation du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) fondé sur le partage de risques.