Economie

Togo : Rebasage du PIB, on en parle

Publié le mardi 29 septembre 2020, par Leader

Les autorités Togolaises ont procédé à la migration du Système de Comptabilité Nationale (SCN) 1993 au Système de Comptabilité Nationale (SCN) 2008 ; ce qui prend en compte d’autres flux d’activités économiques. Cette mutation résultante du rebasage du produit intérieur Brut (PIB) a été présentée en conseil des ministres le 22 septembre 2020 par Sani Yaya (photo), ministre de l’économie et des finances et Demba Tignokpa, la ministre de la planification du développement et de la coopération.
Le rebasage du PIB est un processus qui consiste en un changement de l’année de base des calculs et en une application des nouvelles méthodes adoptées par la commission statistique des Nations Unies.
Le PIB est un indicateur économique qui permet de mesurer la production de richesses d’un pays, elle mesure la valeur de tous les biens et services produits par tous les agents économiques sur une année.
En effet, le Togo, à l’instar d’autres pays d’Afrique, a opté pour la migration du système de comptabilité nationale (SCN) 1993 au système de comptabilité nationale (SCN) 2008. Ce processus permet au Togo d’arrimer ses méthodes d’élaboration des comptes aux normes internationales actuelles et rendre ses agrégats macroéconomiques comparables sur le plan international.
Avec la révision du PIB, certains flux de l’économie nationale vont être pris en compte dans le calcul du PIB tels que, le poids de l’économie numérique, les activités connexes des banques, le secteur informel.

Le Togo améliore ainsi son PIB de 2016 sous le SCN 2008 qui passe à 3574,4 milliards de FCFA contre 2618,1 milliards de FCFA suivant le SCN 1993, soit une réévaluation de l’économie nationale estimé à 36,5%. Le PIB nominal s’établit à 3713,6 milliards de FCFA pour la même année en outre, en se basant sur les résultats de la réadaptation, le PIB nominal s’établit à 3 951,4 milliards de FCFA en 2018 et à 4 230,6 milliards de FCFA en 2019 selon le SCN 2008 contre respectivement 2.979,6 milliards de FCFA et 3.216,8 milliards de FCFA selon le SCN 1993. Les prévisions actualisées du PIB pour l’année 2020 est donc de 4 399,9 contre 3 322,3 selon le SCN 1993.

Le pays respecte tous les critères de convergence de premier rang. En effet, les critères du taux d’endettement et du solde budgétaire rapportés au PIB se sont améliorés. Ce qui fait que le taux d’endettement se situe désormais à 51,9 % en 2019 contre 68,3 % dans l’ancien système de comptabilité (SCN 1993). Ainsi, les prévisions révisées font ressortir un taux d’endettement de 51,8% contre 68,6% en 2020.

Pour le ministre Sani Yaya en charge de l’économie et des finances, << Ces résultats reflètent les vraies réalités de l’économie nationale et de devraient agir sur le panier de la ménagère
des togolais. Cela va permettre une amélioration des notations financières et représentent un meilleur argumentaire pour le gouvernement sur le marché international de faire des levées de fonds à des taux d’intérêt plus bas en vue du financement des projets de développement socioéconomique. Ces résultats montrent également l’amélioration, du cadre institutionnel, du climat des affaires et ceci devrait être un indicateur excitatif pour les investisseurs étrangers par ricochet la création de l’emploi >>.

Aussi, les résultats démontrent en revanche que le taux de pression fiscale est passé de 20,8 % (SCN1993) à 13,6% (SCN 2008) en 2019 et de 21,1% à 14,6% en 2020 pour une norme de 20,0% au minimum.

La nécessité de réaliser la migration s’explique par la révision du SCN 1993, des manuels de la balance des paiements et des finances publiques du fonds monétaire international (FMI), de même que celle de la classification internationale.
Cette migration du système de comptabilité nationale (SCN) 1993 au système de comptabilité nationale (SCN) 2008 a nécessité le changement de l’année de base (année 2016) vu que ces révisions impliquent des modifications méthodologiques et que l’année de base actuelle des comptes nationaux qui est 2007 ne permet plus de capter les changements de structures qui auraient pu être opérés dans l’économie. Le maître d’œuvre des travaux n’est que l’institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED) en collaboration avec d’autres partenaires tels que la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, le centre régional d’assistance technique du FMI pour l’Afrique de l’ouest (afritac de l’ouest), l’observatoire économique et statistique d’Afrique subsaharienne (afristat) et la Banque mondiale.