Agriculture Burkina Faso

Un prêt de 4 millions de dollars pour relancer le secteur de l’anacarde en misant sur les coopératives

Publié le mercredi 25 janvier 2017, par Leader

Grâce à l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), le Burkina Faso a obtenu un prêt de quatre (4) millions de dollars EU auprès des Fonds d’investissement climatiques (FIC) au titre du Programme d’investissement forestier (dit FIP par sigle en anglais). Ce prêt est destiné à relancer le secteur de l’anacarde et à atténuer les effets du changement climatique. Ainsi, le pays va mettre sur pied un modèle d’affaires public-privé novateur qui associe les coopératives de l’Union nationale des producteurs d’anacarde et le gouvernement.

Le financement de ce projet intitulé « Atténuation du changement climatique et réduction de la pauvreté grâce au développement du secteur de l’anacarde au Burkina Faso », sur la réserve du FIP consacrée à la collaboration avec le secteur privé*, comporte trois volets d’activités :

• Améliorer la production de l’anacarde grâce à des plantations de variétés sélectionnées et à de meilleures pratiques de gestion
• Améliorer les capacités de transformation de l’anacarde
• Renforcer les capacités de l’association nationale des producteurs du réseau Wouol et de ses membres, s’agissant notamment du commerce de produits agricoles (qualité supérieure, réseaux plus solides) et d’agroforesterie.
A terme, le projet vise à atténuer les changements climatiques en séquestrant le carbone dans les plantations d’anacardiers, ce qui permettra de réduire la dégradation des forêts et la déforestation ; de restaurer les sols dégradés, raison première de l’introduction de l’anacarde au Burkina ; d’accroître les revenus ruraux, en particulier ceux des femmes ; et de démontrer la rentabilité économique ainsi que la viabilité environnementale de l’agriculture biologique et du commerce équitable certifiés.
« Le secteur de l’anacarde joue un double rôle très important : il aide le Burkina Faso à atténuer les changements climatiques et à réduire la pauvreté », a déclaré Laouali Garba, responsable du programme FIP pour le Burkina à la BAD. « L’anacardier est un arbre de reboisement important pour la préservation de l’environnement et l’amélioration de la fertilité du sol. Cette valeur, combinée à un modèle économique qui encourage la participation des producteurs locaux et les aide à se convertir à une agriculture organisée et au commerce durable, fait de cette initiative un projet unique. La BAD est très heureuse de s’associer au Burkina Faso et au FIP pour en assurer le succès. » Le projet revêt une importance toute particulière aujourd’hui, dans la mesure où, comme l’a expliqué M. Garba, le pays ne peut tirer pleinement profit du secteur de l’anacarde parce que les entreprises de transformation locales peinent à obtenir des financements et que l’anacarde est, la plupart du temps, exportée sous forme de noix brute. Ce projet novateur fondé sur le secteur privé repose en grande partie sur la prise en compte de ces deux préoccupations.
Le projet est unique en raison de l’entente commerciale conclue entre le gouvernement et l’Association de producteurs Wouol, laquelle agira au titre de producteur marchand pour l’industrie de l’anacarde. Au Burkina, l’Association Wouol est une organisation nationale regroupant 69 coopératives de plus de 2 500 producteurs, dont plus de 70 % de femmes. Bien qu’à but non lucratif, l’association génère des marges qui sont réinvesties à 100 % dans le secteur pour soutenir le développement économique de ses membres. Le gouvernement reconnait l’Association Wouol comme une entité du secteur privé. Pour assurer le succès financier de cet accord unique en son genre, le gouvernement a accepté, avec l’appui de la BAD, de le garantir auprès des communautés en contractant le prêt pour l’investir dans le développement de la chaîne de valeur de l’anacarde sous forme de microcrédits octroyés par un intermédiaire financier, le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB).
Il importe de noter que le projet ne financera pas les plantations qui impliquent le déboisement des forêts ou la coupe d’arbres. Le respect de cette mesure doit être attesté par la présentation d’un certificat délivré par les autorités compétentes. Les plantations seront exploitées sur des terres dégradées et abandonnées en raison de leur faible productivité agricole ou pour renforcer les plantations existantes. Les plantations agroforestières viseront donc un double objectif : restaurer la fertilité des sols pour les activités agricoles d’une part ; et accroître la production d’anacarde grâce à des plantations à rendement amélioré.

*Réserve du FIP consacrée à la collaboration avec le secteur privé
En 2013, le Burkina Faso faisait partie des huit pays au monde sélectionnés par le FIP pour participer au programme spécial de financement réservé au secteur privé. En 2012, en vertu du FIP, plus de 50 millions de dollars EU de fonds concessionnels avait été mis de côté pour contribuer au financement de programmes et de projets novateurs qui encouragent le secteur privé à réduire les émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts et qui favorisent une gestion durable des forêts.

À propos des Fonds d’investissement climatiques (FIC)
Créés en 2008 et dotés d’une enveloppe de 8 milliards de dollars EU, les FIC sont le plus important instrument à procédure accélérée de financement de la lutte contre le changement climatique au monde. Ils fournissent aux pays en développement des dons, prêts concessionnels, instruments d’atténuation des risques et des fonds qui attirent des financements complémentaires substantiels du secteur privé, des banques multilatérales de développement (BMD) et d’autres sources. Cinq BMD, notamment la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAsD), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et le Groupe de la Banque mondiale (BM) – participent à la mise en œuvre des projets et programmes financés par les FIC.