Droits de l’homme Togo/Enfance en détresse

Yawo KLOUSSE de la SP-BT contre la violence faite aux enfants par le pouvoir de Lomé

Publié le mardi 28 mars 2017, par Leader

Dans une publication de Yawo KLOUSSE, Secrétaire général de Solidarité Planétaire Branche du Togo ( SP-BT ), il est question d’interpeller tous ceux qui s’emploient à entretenir de la violence à l’endroit des enfants et des élèves. Il accuse surtout le pouvoir de Lomé qui est d’une manière ou d’une autre l’auteur de certaines bavures dont sont victimes des jeunes. Il a profité pour rappeler les mauvais souvenirs de son enfance alors qu’il était au secondaire. Il dénonce avec véhémence ces pratiques déstabilisatrices de la quiétude de l’enfance et appelle au bon sens. Lecture !

"En choisissant de publier cet article, je voudrais faire ressortir le rôle joué par le régime cinquantenaire dans le traitement de l’enfance au Togo qui se matérialise par l’arrestation et ensuite la détention dans une prison adulte de mineurs qui n’ont pour chef d’accusation que leurs soutiens aux enseignants grévistes dont ils réclament le retour en classe.

On partage mieux une souffrance qu’on a vécue soi- même.

Moi même qui mets sous presse cette information, j’ai été condamné par un préfet en 1989 à danser l’animation politique pendant plusieurs mois alors que j’avais à peine 16 ans et étais en classe de 4ème au collège catholique NDA de Notsè.

Le 13 janvier 1989, je n’étais pas allé faire le défilé commémorant la prise du pouvoir par le feu président Eyadema, je souffrais de varicelle.

Le lundi matin, alors que nous étions encore sous le mât, le véhicule de commandement immatriculé RTG fait son entrée dans l’enceinte de notre établissement. Curieux !

A bord, le préfet en personne. Il procède alors au contrôle de présence au défilé avec sa garde du corps qu’on appelait les gardiens de préfecture, derrière.

Nous étions une dizaine avec deux filles à avoir manqué à l’appel du 13 janvier 1989. Elles abandonneront les cours après quelques séances de danse.

En lieu et place de la prison comme cela à été pour les élèves des autres CEG déjà visités, notre directeur a négocié une animation politique sur deux mois.

Pendant toute la durée du deuxième trimestre, alors que nos camarades rentraient chaque matin en classe, nous nous alignions sous le nime avec les tambours, les castagnettes pour chanter et danser l’animation.

Nos slogans étaient :
Qui sommes nous ?
Réponse : nous sommes les fauteurs de trouble du collège NDA.

Pour moi qui avais 11 de moyenne au premier trimestre, j’en aurai 8 au second trimestre. Conséquence : échec.

A 44 ans aujourd’hui, il m’est difficile d’oublier toutes ces souffrances. Si j’entends le nom d’un préfet, je pense à cette situation, si je vois un gardien de préfecture ou un véhicule RTG, cela me rappelle tous ces moments de souffrances. Entre révolte, la peur et la cachette, je deviens perplexe.

Conseils aux autorités

Les forces de sécurité dont le rôle fondamental est de protéger aussi l’enfance, l’attaquent à coup de bâtons, de gaz lacrymogènes voir des tirs à balles réelles.

Les préfets, les chefs cantons dont les noms sont enseignés aux élèves se transforment totalement en leurs bourreaux matraqueurs.

A savoir que les élèves vivent dans les conditions extrêmement difficiles sans bourse pour les meilleurs ni aide pour les plus pauvres.

En maltraitant l’enfance, l’Etat lui même prépare de futures destructeurs de la Nation car, les enfants victimes perdront à jamais l’amour pour la patrie et c’est parmi eux qu’on retrouvera des casseurs, incendiaires et même des rebelles."

Yawo KLOUSSE (photo)

SG SOLIDARITÉ PLANÉTAIRE BRANCHE DU TOGO ( SP-BT )